



Un million sept cent mille visiteurs se pressent à l’Exposition pour y découvrir le « village sénégalais ». Là, cent-dix hommes, femmes et enfants, originaires de la côte sénégalaise ou de la vallée du Niger, « vivaient » et « travaillaient » devant le public, sous l’œil du « chef de village ». En 1911, le Nord de la France rivalise grâce à cette manifestation avec les villes de Paris (1906 et 1907), Bordeaux (1905), Marseille (1906), Le Havre ou Nancy (1909) dans l’engagement colonial et la passion pour ces mondes ultra-marins.
Le chef sénégalais du village
Les 110 Sénégalais avaient été acheminés par bateau au départ de Dakar. Un voyage en train les amena du Havre jusqu’à Roubaix le 2 mai. C'est seulement le 6 mai qu'eut lieu l'inauguration officielle du Village Sénégalais en présence de leur chef Mamadou Seck.
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Mamadou Seck, le chef du Village Sénégalais |


En voici la liste actualisée :
Une seule carte reste inconnue : Elle porte le numéro 6. Merci aux nombreux visiteurs de ce site de continuer à nous aider dans les recherches.
La première exposition universelle fut présentée à Londres en 1851. Elle se voulait la vitrine technologique et industrielle des différentes nations participantes, haut lieu de la modernité afin de témoigner du progrès de la Révolution Industrielle et de l’expansion des empires coloniaux. En France, la première exposition fut celle de Paris en 1855. Concernant les sections coloniales, Bordeaux fut la première ville à introduire une section coloniale dans une exposition officielle en 1850, exposition qui avait été organisée par la Société Philomathique de Bordeaux. D’autres expositions en feront de même (Bordeaux en 1854, 1859, 1865, 1882 ; Nantes en 1861 ; Le Havre en 1868 ; Paris en 1878 pour l’Exposition Universelle, ainsi qu’en 1889 ; Cherbourg en 1879 ; Rochefort en 1883…) [2]
Dès 1906, en dehors du cadre des Expositions Universelles et dans l’esprit des expositions précédemment citées, l’Etat prendra en charge l’organisation de manifestations à vocation strictement ou principalement coloniale. La première se déroulera à Marseille. Elle attirera, entre avril et novembre, 1 800 000 visiteurs qui pouvaient voir une cinquantaine de pavillons, répartis sur 24 hectares, au niveau du rond-point du Prado, entre les boulevards Michelet et Rabatau. Les expositions coloniales illustrent le concept de la mission civilisatrice de la France, développé par Jules Ferry.
Le Rapport final de Sayet [3] concernant l’exposition de Roubaix, et plus précisément les villages, en 1911 nous dit :
« On s’imagine difficilement à quelle organisation se rattache ce genre d’exhibition et ce qu’elle représente d’effort réel, de dépenses, de préoccupations, de formalités administratives et de responsabilités, financières et morales. De même, on ne sait pas quelles conséquences civilisatrices quel pouvoir d’expansion coloniale, quelles vertus pacificatrices, chacune d’elles peut avoir lorsque les indigènes ont regagné, sous la même autorité qui les amena leur lointain pays d’origine. Les troupes sont en effet rapatriées et renouvelées chaque fois, ce qui donne à une assez grande quantité d’individus les bénéfices de ce voyage et de ce séjour en un pays civilisé, ou ils viennent s’instruire et peut-être aussi instruire. Il faut voir en effet, en dehors de leur caractère, de leurs habitudes et de leurs mœurs, leurs aptitudes et leurs goûts, et c’est assez souvent par leurs intermédiaires que certaines industries, comme celle des tissus, se sont créé des débouchés aux colonies. On peut croire aussi que ces gens qui rentrent chez eux avec un certain pécule sont des agents précieux de colonisation et qui ne peuvent que répandre autour d’eux des légendes merveilleuses sur l’état de civilisation, sur la beauté des vies, des monuments et des institutions françaises. Ayant habité pendant de long mois des cases propres et claires, ces pérégrins sont possédés de l’envie d’un foyer plus confortable et, leur argent aidant, ils ne tardent pas à substituer à leur paillote une habitation plus élégante que les voisins imiteront par envie légitime ou par esprit d’émulation. Comme les exemples se multiplient par progression géométrique, on peut affirmer, sans paradoxe, qu’il n’en faut pas davantage pour améliorer l’aspect, l’existence et l’hygiène d’une colonie. Dès qu’un homme, même primitif, a goûté à la civilisation française, il n’a de cesse qu’il n’ait conquis le droit au confort, la joie d’une vie plus large, qui sont ces avantages les plus immédiats. Et le voilà pénétré de cette ambition, prêt à demander au travail ce progrès de son propre sort, mettant à l’œuvre son génie industrieux et sa ténacité muette d’homme simple. »
Bouvier est décrit comme un « organisateur d’expositions ethnographiques coloniales ». En 1898 il sera le second de Gravier à Dijon et se lancera seul dans l’entreprise en 1903 où il sera le directeur du village indigène de Reims, avec Vigé. Dès l’année suivante, en 1904, il s’associera à Tournier pour présenter un spectacle à Arras intitulé « Afrique sauvage ». Ils collaboreront dans cette affaire jusqu’en 1911. Tournier dirigera en 1925 un dernier village qui sera présenté à Lausanne, puis à Zurich la même année ; quant à Bouvier il arrêtera sa carrière un peu plus tard, en 1928, en offrant à Brest le troisième village indigène (et le dernier) que cette ville ait reçu.
Liste des villages indigènes de Bouvier :
- 1898 Dijon
- 1903 Reims
- 1904 Arras, spectacle « Afrique sauvage »
- 1905 Liège
- 1906 Amiens
- 1908 A la Franco-British Exhibition
- 1909 Nancy
- 1911 Roubaix
- 1924 Strasbourg
- 1926 Au zoo de Bâle, Suisse
- 1928 Brest








































